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Les expressions anti-émotions à éviter.

Les expressions anti-émotion à éviter avec les enfants
 

 

Les émotions sont utiles à nos existences. Apprendre à les identifier, à leur faire confiance et à les exprimer est essentiel pour mener une vie épanouie et devenir des adultes équilibrés. Cet apprentissage débute dès l’enfance.

Émotions mode d'emploi

En tant que parents, nous commettons parfois des erreurs de langage qui coupent la relation entre les enfants et leurs émotions. Nos comportements déclenchent, par exemple, de la honte et de la culpabilité mal placées, qui sont pourtant des éléments essentiels de la socialisation, pour peu, qu’elles interviennent dans le bon contexte.

« L’objectif de la honte est de provoquer une sensibilité au regard extérieur et au jugement de nos pairs tandis que la culpabilité est un signal qui indique la transgression d’un interdit ou de la morale et une prise de conscience du préjudice qu’on peut créer à autrui. »

La mauvaise intégration de la honte et de la culpabilité va contraindre l’enfant à enfouir ou à tricher pour cacher ou modifier ses émotions ressenties et exprimées. Ceci aura pour conséquence principale de lui ôter de la confiance en lui, de dégrader la qualité de ses interactions sociales ou encore de diminuer son niveau moyen de bonheur.

Les émotions autorisées et interdites

Ce sont nos comportements verbaux et non-verbaux qui conditionnent la gestion des émotions d’un enfant. En fonction de nos réactions, il va déployer des stratégies pour soigneusement éviter les émotions interdites au profit des émotions autorisées ou, pire, d’un mutisme.

Les conséquences dans le comportement de l’enfant ne sont pas bénignes :

Les émotions parasites

Pour éviter la honte et la culpabilité, l’enfant va apprendre à refouler l’émotion naturelle, la stocker ou la remplacer par une émotion mieux tolérée par son entourage.

Exemple : un enfant peut choisir de pleurer (tristesse) au lieu de crier (colère) parce que ses pleurs lui permettront d’être consolé alors que sa colère se soldera par une punition.

Le racket émotionnel

En comprenant l’impact de certaines émotions sur ses parents, l’enfant peut rentrer dans une sorte de racket affectif de ses parents afin de les manipuler. Cela se traduit par une utilisation  et une exagération de l’expression de l’émotion parasite qui provoque une réaction voulue par l’enfant.

Les « élastiques »

Une émotion refoulée reste ancrée dans le passé. Ainsi, elle peut rentrer en résonance avec le présent si un élément déclencheur se rapporte au souvenir. L’expression de l’émotion est alors totalement disproportionnée.

Les « carnets de timbres »

Certains enfants collectionnent les émotions refoulées jusqu’à exploser avec une dernière situation qui remplit le carnet de timbre. La peur, la colère, la tristesse ou la joie s’exprime alors avec une grande intensité. La personne en face ne comprendra pas une telle réaction disproportionnée (parents, amis, professeurs,…). C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Les techniques et expressions anti-émotions (à éviter avec les enfants)

 

La honte : « tu es ridicule de pleurer comme ça ! », « Tu n’as pas honte d’avoir peur ? Un grand garçon comme toi ! », « Tu es laid quand tu pleures ! » »Il n’y a que les gros bébés pour crier comme ça ! ».

Le déni : « il n’y aucune raison d’être triste pour si peu ! » Ne fais pas ta malheureuse ! » « Arrête de jouer la comédie ! »

La culpabilisation : « Arrête, ça me rend malade de te voir te mettre dans cet état ! » « Avec tout ce qu’on fait pour toi, tu es bien ingrat de te dire malheureux ! » « Tu es trop gâté ! » »Qu’est-ce que je te fais ? Tu crois que je mérite cela ? »

La peur : « Si tu continues à pleurer, tu vas pleurer pour quelque chose de valable ! » « Tu as intérêt à faire moins de bruit ou je vais me fâcher ! » « Arrête de chouiner ou je vais te donner une bonne raison de le faire ! »

Le pansement : « Allez calme-toi ! Maman va t’acheter une glace ou un jouet, d’accord ? Je veux te voir sourire maintenant. »

Le recadrage : « Cet enfant doit manquer de sommeil pour se mettre dans un tel état. » Attention aux théories de l’entourage…

Les solutions

Retenons que nous sommes les premiers modèles des enfants. Nous devons donc nous engager dans une meilleure gestion de nos propres émotions. Cet article est par conséquent utile aux anciens enfants (devenus adultes et parents) à qui on aurait maladroitement interdit l’expression de leurs émotions.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre en adoptant de nouvelles habitude


 

 

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