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Transformer l'erreur

Transformer l’erreur en réparation pour responsabiliser les enfants
 

 

« Lorsque votre enfant a fait une erreur, il également besoin d’être entendu sans être jugé, afin de pouvoir prendre lui-même ses responsabilités… » C’est Agnès Dutheil qui s’exprime ainsi dans son livre « la psychologie positive avec les enfants ».

Les erreurs sont la meilleure façon d’apprendre. Si on brime (ou pire) systématiquement un enfant pour chaque « faux-pas », notion toute relative s’il en est, nous nous exposons à plusieurs conséquences :

 

  • Une baisse de l’estime de soi
  • Une peur de l’échec paralysante pour les futures prises d’initiative
  • Une tentation de mentir et de camoufler les « erreurs »

Alors que le véritable discours, celui qui contribue à l’épanouissement de l’enfant, est probablement de lui offrir la possibilité de réparer ce qu’il a fait.

Cette notion de réparation est sacrément libératrice et riche d’enseignements ! Libératrice car elle transforme un problème en solution(s). Riches d’enseignements car elle apprend l’art de l’ajustement.

Le cerveau a besoin des erreurs pour se confectionner une base de données suffisamment importante pour avancer en ajustant la trajectoire. Les données proviennent des tentatives et des résultats (ou plutôt de l’interprétation de ces résultats). Ainsi, au plus on tente, au plus on cumule de l’expérience, au plus on se rapproche de la réussite.

Ainsi, une erreur en est vraiment une lorsqu’on s’arrête à cette erreur. Offrir une possibilité de réparation, c’est inviter l’enfant à réfléchir à ce qui vient de se produire et « raisonner » pour en comprendre les rouages de la mécanique suivante :

Intention => action => conséquence

Bref, l’option réparation est essentielle à la fois pour les enfants et pour les parents (moins de stress et vision plus optimiste de l’existence).

 

Comment aider les enfants à apprendre de leurs erreurs ?

Pour commencer, gardons notre calme face aux erreurs des enfants. Si nous sentons que la colère pointe, isolons-nous un instant et respirons profondément en fermant les yeux.

Une fois apaisés, rapprochons-nous et mettons-nous au même niveau que l’enfant. Adressons-nous à lui avec bienveillance et empathie pour nous connecter.

3 questions pour faciliter cette temporisation et ce passage du mode réactif (impulsif) au mode réceptif (empathique et aidant) :

  • Pourquoi mon enfant a-t-il agi ainsi ?
  • Quelle leçon est-il souhaitable de lui transmettre en cet instant précis ?
  • Quelle est la meilleure façon de faire passer le message ?

Pour obtenir les réponses, demandons-lui directement :

« quelle était ton intention ? qu’as-tu essayé de faire ? »

« comment te sens-tu ? »

« qu’as-tu appris ? »« comment penses-tu résoudre le problème/réparer ? »

« que s’est-il passé ? »

« de quoi as-tu besoin pour réparer ? »

Et aidons-le à visualiser la situation en la décrivant sans juger.

Enfin, valorisons la résolution avec un message « je » :

« Je suis heureux de voir que tu as compris. »

« Je suis satisfait que tu ais réparé »

Pour conclure, la réparation est un fantastique vecteur de responsabilisation et d’épanouissement.

Un enfant sous stress n’a pas la capacité d' »écouter »

[Attention : il y a deux façons d’aborder cet article : culpabiliser ou profiter des informations et des suggestions pour réfléchir et tester. La culpabilité n’est pas le but, vous l’aurez compris.]

Il y a de nombreuses façons de générer du stress : crier, menacer, presser, … D’autres facteurs tels que la fatigue et le manque de sommeil augmentent la sensibilité au stress.

Ce qu’il est important de comprendre est que les enfants sont très vulnérables aux effets négatifs du stress car leur cerveau n’est pas encore mature et est fragile. Parmi les effets, notons que le stress répété détruit des neurones et bloque la formation des connexions synaptiques dans des zones essentielles du cerveau de l’enfant.

Le cortex préfrontal, la partie qui permet de calmer l’amygdale qui s’active en cas d’émotions fortes et sécrète le cortisol (hormone du stress), n’est pas encore opérationnel chez l’enfant. Ce cortex préfrontal est le siège des fonctions supérieures du cerveau (raisonnement, logique, etc.).

Pour synthétiser, comprenons que si nous crions sur un enfant, la peur va activer son amygdale qui va elle-même sécréter du cortisol, mettant l’organisme de l’enfant sous stress. A ce moment, il est complètement submergé par son émotion et se trouve dans l’incapacité de s’apaiser seul. Et encore moins de comprendre pourquoi on lui crie dessus…

Dans le pire des cas, l’enfant réagira par instinct de survie, comme un conditionnement pavlovien…donnant l’illusion qu’il a « compris ». Pour faciliter l’apprentissage et le bien-être mental et physique de l’enfant, le stress est donc à éviter. Les neurosciences l’ont démontré. C’est dans le calme et la bienveillance que le cerveau fonctionne normalement.

Ainsi, pour aider un enfant à comprendre ce que nous attendons, optons pour des méthodes non-violentes et empathiques :

Assurons-nous que nous avons l’attention de l’enfant en nous baissant à son niveau et en lui touchant doucement le bras ou l’épaule. Dès que vous sentez que l’attention est portée sur votre voix et sur vous, exprimez ce que vous voulez (et pas ce que vous ne voulez pas car la négation n’est pas comprise par l’enfant).

On peut segmenter ce que nous attendons afin qu’un objectif trop complexe se transforme en objectifs atteignables par l’enfant. Il est possible de le guider dans son autonomie en lui posant des questions et en lui proposant des choix : « Habille-toi » deviendra « que dois-tu mettre en premier ? » ou « Tu préfères commencer par les chaussettes ou le t-shirt ? »

Répétez calmement ce que vous attendez. La mémorisation demande des répétitions, c’est ainsi. La patience est notre amie.

Ecrivez et répétez des règles : telle situation implique telle règle.

Ritualisez les étapes : un rituel est sécurisant pour l’enfant. Lorsque des actions se répètent régulièrement dans un ordre précis, elles sont plus facilement assimilables.

Pour compléter le rituel, vous pouvez disposer dans la maison des photos ou des schémas expliquant ce qui doit être fait à l’endroit ou ces supports visuels sont disposés.

Face à une opposition trop forte de votre enfant, pensez au lâcher-prise temporaire (voir cet article)

Parlez calmement même si cela demande pour vous un éloignement pour vous apaiser et respirer.

Verbalisez ses émotions car cela les en libérera. « Je vois que tu es triste… » De plus, il apprendra progressivement à poser des mots sur ses ressentis pour traverser ses émotions de façon de plus en plus autonome.

Les câlins et l’amour font baisser le stress grâce à l’ocytocine. Ce sont des remèdes universels.

Donner des ordres à un enfant (ou à quiconque) n’est pas une solution

Catherine Gueguen évoque les ordres dans son livre « vivre heureux avec son enfant » :

« Quand on exige, commande, donne des ordres, on domine l’autre, on le soumet. L’autre n’a pas droit à la parole. On restreint sa liberté. Or la dignité de l’être humain, son désir le plus profond, est de pouvoir s’exprimer, de se sentir libre, de faire des choix.

L’idéal est d’être avec l’enfant comme nous souhaiterions qu’il soit avec nous. Nous n’aimons pas recevoir des ordres, lui non plus. Si nous lui donnons des ordres, soit il va se soumettre, s’inhiber et une partie de lui va s’éteindre, soit il va nous imiter. Il donnera des ordres à ses parents, à ses frères, à ses sœurs, à ses copains de classe. »

Retenons que les ordres sont une forme de soumission. Mais, comme les enfants, nous-mêmes, adultes ne faisons parfois qu’imiter nos propres parents ou notre environnement (comme nos chefs au travail…). Au lieu de casser la chaine de la soumission, nous consolidons de nouveaux maillons pour la rallonger et semer de nouvelles émotions négatives et du stress.

La notion de transfert. Celui qui nous pousse à dupliquer un comportement pour éponger la frustration et le mal-être que nous avons ressentis lorsque nous les avons nous-mêmes subis.

Les ordres sont à ranger dans la même catégorie que les menaces, les accusations, les chantages, les cris, les punitions, les humiliations verbales, physiques. Ils n’éduquent pas et sont très nocifs pour le développement du cerveau.

L’attitude pertinente :

Catherine Gueguen décrit l’attitude pertinente. Elle peut être difficile à mettre en place car elle n’auto-alimente plus nos croyances passées. Il est donc important de commencer par faire un point sur nos croyances et à les remettre en question. Ces expressions du type « ça ne marchera pas » ou « j’ai toujours été éduqué comme ça » ou bien « c’est le meilleur moyen de produire des enfants-rois » sont des réflexes mentaux d’auto-défense des croyances en place. Sachez les reconnaitre et les réfuter pour tester une nouvelle approche.

Voici des actions concrètes :

 

  • Accueillir ses émotions et les exprimer : pour cela, utilisez une phrase en employant le « je » : je suis inquiète quand je vois que … ».
  • Aider l’enfant à verbaliser ses émotions : son cerveau deviendra de plus en plus mature et il parviendra de mieux en mieux à gérer ses émotions (et les tempêtes émotionnelles).    Éviter les questions qui commencent par « pourquoi ? » auxquelles l’enfant peut difficilement répondre (et elles peuvent générer de la culpabilité et donc des répondes.
  • Établir des règles AVEC l’enfant (plutôt qu’imposer des interdits)
  • Dans la même logique : dire ce qu’il doit faire et non ce qu’il ne doit pas faire (formulation positive)
  • Donner des repères en lui montrant l’exemple.
  • Lui proposer des choix : « préfères-tu ceci ou ceci ? »
  • Lui servir de modèle pour la gestion du stress et l’attitude bienveillante (gestes, regards, sourires, etc.)
  • Remplir le réservoir d’amour de l’enfant au moins une fois par jour.
  • Jouer avec lui autant que possible.
  • Passer au moins 10 minutes par jour exclusivement avec lui.

Au niveau du « background » des pensées : si nous ne considérons plus la vie comme une compétition où il y a des vainqueurs et des perdants, nous nous enlevons un énorme fardeau !

Et n’oubliez pas de cultiver la bienveillance envers vous


 

 

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