Medecine traditionnelle chinoise

Médecine Traditionnelle Chinoise : C'est quoi ?

 L’hygiène de vie a depuis toujours occupé une place prépondérante en Médecine Traditionnelle Chinoise.

L’hygiène de vie a depuis toujours occupé une place prépondérante en Médecine Traditionnelle Chinoise.D’une part parce qu’elle permet véritablement de prévenir différents déséquilibres de l’organisme ; il existe donc incontestablement une notion de prévention de la maladie. Ceci est tout à fait logique, puisque notre manière habituelle de vivre a une grande influence sur notre santé.

D’autre part, l’hygiène de vie complète en profondeur et dans le temps les soins qui peuvent être apportés par d’autres techniques ;

Le meilleur praticien de Médecine Traditionnelle Chinoise  ne pourra jamais guérir un patient qui a une mauvaise hygiène de vie.

 

Quels sont les types de traitements utilisés en Médecine Traditionnelle Chinoise ?

Classiquement, on distingue 4 branches thérapeutiques en MTC :

- Les manipulations externes : acupuncture, massages et chirurgie. La première est évidemment la plus connue et la plus pratiquée ; la deuxième est utilisée en particulier chez les enfants* ; la dernière n’existe pratiquement plus de nos jours en Occident, pour des raisons de manque de connaissances et d’hygiène.

- La pharmacopée, extrêmement riche et diverse**, n’est malheureusement que très difficilement utilisée en France aujourd’hui, pour des raisons de fiabilité des produits ainsi que pour des problèmes de légalité.

- Les exercices internes, en particulier avec des techniques de respiration et de relaxation.

- Les exercices externes : TAI QI CHUAN, QI GONG, etc. Ces mouvements lents, arrondis et répétitifs ont pour but de faire circuler le sang et l’énergie dans le corps ; ils ont ainsi une action de prévention des maladies ; ils ont aussi leur part complémentaire au niveau des autres types de soins.

* Traditionnellement, les aiguilles ne sont jamais posées avant 7 ans chez la petite fille et 8 ans chez le petit garçon.

** Elle fait appel aussi bien au règne végétal et animal que minéral.

 

Quels sont les principes théoriques des traitements en Médecine Traditionnelle Chinoise ?

Le but des traitements chinois est de rétablir l’équilibre de l’organisme, en régularisant l’énergie dans telle ou telle fonction, à tel ou tel endroit du corps, en faisant à nouveau circuler de manière harmonieuse les différentes substances de l’organisme (sang, liquides organiques, etc.).L’originalité du soin est que c’est le patient lui-même qui va faire ce qui est nécessaire, dans le temps et de façon inconsciente, l’intervention du praticien n’étant que le « déclencheur » de l’action thérapeutique. De ce fait, cette régularisation peut entraîner une certaine fatigue dans les heures qui suivent la séance*, voire, dans certains cas, une aggravation très passagère des douleurs.

Toutefois, ce type de thérapie a une limite : elle n’est pas indiquée dans le cas de très graves maladies ayant endommagé très sérieusement l’énergie du patient, ainsi que chez les personnes très âgées qui n’ont plus assez d’énergie pour régulariser le fonctionnement de leur organisme. Le recours à la pharmacopée chinoise serait alors indiqué.

* Toutefois, l’absence de réaction ne signifie pas que la séance a été inopérante.

 

La Médecine Traditionnelle Chinoise peut-elle soulager la douleur ?

Parce qu’elle relie très efficacement les causes aux conséquences, la MTC a le plus souvent un très bon effet sur les douleurs.

D’un point de vue chinois, ces dernières sont une conséquence d’un blocage de sang ou d’énergie. En remettant en route telle ou telle fonction, le thérapeute va donc logiquement faire à nouveau circuler ces deux entités dans le corps et, de ce fait, va déclencher une diminution puis un arrêt de la douleur.

 

Comment fonctionne le traitement acupunctural en Médecine Traditionnelle Chinoise ?

A ce jour, on ne peut expliquer clairement et précisément le fonctionnement de l’acupuncture.

Schématiquement, il est possible d'obtenir deux types d’effets opposés avec les aiguilles, en fonction de la manière de les poser :

- la tonification : comme son nom l’indique, elle va « tonifier » l’organisme à tel ou tel endroit, pour telle ou telle fonction. Elle est donc utilisée en cas de « manque », de «vide», d’«hypofonctionnement», de « déficience », avec des manifestations cliniques du type : faiblesse, fatigue, pâleur, etc.

- la dispersion : elle va avoir pour résultat de faire circuler, d’éliminer un surplus. Elle est utilisée en cas de stagnation, de « plénitude », d’« hyperfonctionnement », avec des symptômes comme : agitation, chaleur, rougeur, etc.

Bien entendu, lors de la même séance, le praticien pourra poser un certain nombre d’aiguilles en tonification et d’autres en dispersion. C’est donc l’ensemble des points posés lors de la séance (en tonification et/ou en dispersion) qui va définir l’efficacité de la régularisation énergétique.

Evidemment, la réalité est un peu plus complexe, ainsi que le montre une expérience faite dans la région lyonnaise en 2001 par des cardiologues. Sous contrôle d’ECG (appareil surveillant l’activité électrique du cœur), un même point d’acupuncture au niveau de chaque poignet est posé*, sans effet de tonification ou dispersion marqué, à deux personnes, l’une ayant un rythme cardiaque trop élevé et l’autre trop lent.

Au bout de quelques minutes, chez les deux patients, l’activité électrique du cœur se régule jusqu’à arriver à un rythme moyen. Cette expérience pourrait faire penser que l’organisme « sait » quoi faire pour se réguler, à partir du moment où on lui donne un petit coup de pouce …

* Il s’agit du point SHEN MEN.

 

Le résultat des soins est-il durable ?

Puisque la régularisation énergétique vise à remettre en profondeur un équilibre dans l’organisme, le soin devrait toujours avoir un résultat durable.

Malheureusement, le résultat ne peut être que passager, en fonction essentiellement de l’hygiène de vie du patient (en particulier en fonction de sa vie professionnelle et de son alimentation).

C’est la raison pour laquelle une séance de régularisation ne se borne pas en la pose d’aiguilles. Le praticien va aussi donner des conseils d’hygiène de vie, tant pour compléter le soin que pour prévenir un retour de la maladie.

 

En Médecine Traditionnelle Chinoise, existe-t-il une notion de prévention des maladies ?

Une caractéristique particulière de la MTC est qu’elle ne propose pas seulement des méthodes pour lutter contre la maladie ; elle préconise aussi un certain type de qualité de vie, ce qui tient lieu de prévention, bien différente de la notion de dépistage.

Cette prophylaxie présente deux aspects :

- l’enseignement et la pratique de certains exercices physiques, comme le QI GONG ou le TAI JI QUAN

- une pédagogie active en ce qui concerne l’hygiène de vie : rythme repos / travail (avec une régularité de ce rythme, un sommeil de bonne qualité et suffisant), alimentation (qui doit être saine, sans excès, agréable, variée en fonction des saisons), gestion des émotions, sexualité équilibrée, exercices physiques (qui a pour effet de faire circuler les énergies de l’organisme), etc.

Le patient devient ainsi co-auteur et co-responsable de sa santé.

 

Quels sont les critères pour choisir un bon praticien de Médecine Traditionnelle Chinoise ?

Quelques questions à se poser :

- Hygiène :

  • Possibilité de se laver les mains, existence d’un WC ?
  • Aiguilles à usage unique ?
  • Propreté des locaux, leur luminosité, leur dimension, leur décoration ?

- Durée de la séance :

  • Dure-t-elle au minimum une demi-heure (il est impossible de faire un diagnostic sérieux et une régularisation énergétique de qualité en moins de temps) ?
  • Le patient a besoin de temps pour être écouté, accompagné, aidé, pour recevoir un minimum d'explications sur le protocole de soins.

- Diagnostic :

  • Repose-t-il sur un examen clinique objectif (pouls, langue, etc.) ou uniquement sur les capacités du thérapeute à deviner ce qui est caché ?
  • Y a-t-il une réelle écoute de la souffrance du patient ?

- Type de soin :

  • Le thérapeute pratique-t-il exclusivement la médecine chinoise traditionnelle (donc, croit-il en sa pratique) ?
  • Y a-t-il une connotation ésotérique dans l’environnement ou le langage (ce qui n’aurait rien à voir dans ce contexte) ?
  • Le praticien donne-t-il des conseils d'hygiène de vie ?

- Nombre de patients :

  • Le praticien reçoit-il plusieurs patients en même temps ?
  • Est-ce le praticien lui-même qui retire les aiguilles en fin de séance ?

- Autonomie :

  • Le thérapeute aide-t-il le patient à mieux comprendre et gérer ce qu'il vit ?
  • Lui permet-il de gagner en compréhension de son état et en autonomie ?

- Coût :

  • Est-il cohérent ?
  • Est-il justifié ? (on peut estimer raisonnable une somme équivalente de 2 à 3 fois le coût d’une consultation médicale classique).

- Personnalité du praticien :

Ne pas hésiter à vérifier la rationalité de son discours. On peut au besoin se renseigner sur sa formation et ses compétences.

Et, par-dessus tout, existe-t-il un climat de confiance entre le patient et le praticien, basé sur le respect mutuel ?

Le dialogue est-il possible ?

Le praticien donne-t-il un minimum d’explications concernant votre état de santé et les soins appliqués ?

Attention à ne pas s'engager dans une relation de dépendance.

Vous pouvez, de manière générale, vérifier la qualité des soins reçus en vous posant par exemple ce type de question : après la séance, ai-je acquis tranquillité, paix, joie, confiance, etc.

 

Enfin, rappelons que souvent le bouche à oreille vaut bien des diplômes !

 

 

 

 

 

 

Cette dernière recouvre tous les domaines qui font notre quotidien. Nous ne retiendrons dans cette rubrique que les plus importants : rythme repos / travail, façon de se vêtir, alimentation, etc.

 

Rythme repos - travail

  • Quelles sont les différentes parties de la journée ? 
  • Comment  régler ses activités sur ce rythme ?
  • Comment vivre au milieu les différentes saisons de l’année ?
  • Avec quel type d’activité ?
  • Comment faire pour bien s’endormir ?
  • Les rêves ont-ils une signification importante ?
  • Quelle est la température idéale chez-soi ?

Toutes les réponses à vos questions, grâce à l’expérience multimillénaire de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

 

Généralités sur le rythme repos - travail

Dans une première approche, on peut dire que la journée de 24 h est divisée en 2 grandes parties :

- une partie Yang, lorsqu'il y a de la lumière, qu’il fait chaud, que l’on a une activité physique

- une partie Yin, lorsqu'il fait sombre, qu’il fait frais, et durant laquelle il n'y a que peu de mouvements

Toutefois, on ne passe pas de l’une à l’autre brutalement.

On peut donc définir une autre période importante de la journée : lorsqu'on passe de la partie Yin à la partie Yang (au lever du soleil), et de la partie Yang à la partie Yin (au coucher du soleil). Nous l'appellerons ici partie mi-Yin mi-Yang.

Finalement, on distingue donc 3 types de périodes qui vont rythmer la journée :

 

Période Yang : activités de type professionnel, familial ou social

Partie yang de la journée

La partie Yang est la période de la journée où il fait jour, chaud, où l’on s’active. Elle dure environ 8 h (sans compter les pauses et le temps du déjeuner). Durant ce temps, on s’adonne à ses activités estudiantines, professionnelles ou sociales.

Il existe globalement deux manières de vivre cette partie Yang :

- soit l’activité est essentiellement physique (métiers du bâtiment, professions avec port de charges lourdes, etc.). Dans ce cas, l'organisme a besoin de régénérer son Yang ; il sera ici nécessaire de privilégier l'apport régulier et important de nourriture.

- soit l’activité est surtout intellectuelle (travail dans un bureau, travaux de réflexion, etc.). Dans ce cas, l'organisme a besoin de régénérer son Yin ; il sera ici nécessaire de privilégier les temps de repos (sommeil).

Il est important de bien être à ce que l’on fait. Les Chinois conseillent de ne pas trop penser aux loisirs pendant le temps du travail, ni au travail pendant les temps de loisirs.

D'autre part, une fois que les heures de travail professionnel sont terminées, on devrait fermer la porte de l’entreprise et passer à autre chose. Il n’est donc pas bon d’emporter du travail professionnel chez soi.

De même, il ne faut pas regretter ce qui a été fait, ou ressasser ce qui aurait pu être mieux fait.

 

Période Yin : peu ou pas d’activités, sommeil

Partie yin de la journée

La partie Yin de la journée est la période durant laquelle il fait sombre ou nuit, frais, où l’on ne s’active que peu ou pas. C'est un moment où le Yang est mis au repos et durant lequel le Yin se régénère, se restaure par le sommeil. C'est un facteur de longévité et de résistance aux maladies.

D'un point de vue chinois, le nombre d’heures de sommeil chez l'adulte sain devrait idéalement être compris entre 6 h et 8 h  chez l’adulte, sans aller au-delà. En effet, si le temps de sommeil dépasse 8 h, la circulation dans l'organisme se fera mal, et l'on risque fort de se lever en étant fatigué.

Lorsque nous parlons d’heures de sommeil, nous parlons d’heures de vrai sommeil, de sommeil continu, de nuit sans interruption (4 h + 2 h de sommeil ne font pas une vrai nuit de 6 h…).

Il est également important d'essayer d'avoir une certaine régularité dans les heures de coucher et lever.

Le nombre d’heures de sommeil nécessaire à l'organisme dépend de 3 facteurs :

- des habitudes de chacun, en fonction de son éducation, de son âge, de sa région

- des saisons. Durant les saisons du printemps et de l’été, on est plus près de 6 h de sommeil que de 8 h, et pendant les saisons de l’automne et de l’hiver, on est plus près de 8 h de sommeil que de 6 h. En d'autres termes, nous devrions essayer de suivre le rythme donné par le soleil.

- du type d’activités dans la journée. Plus près de 8 h pour les personnes ayant un travail plutôt intellectuel. Plus près de 6 h pour les personnes ayant un travail plutôt manuel.

Le critère d'un sommeil de bonne qualité et reposant est que le corps est détendu et l'esprit clair au lever.

Note : le temps de sommeil correspond à environ 1/3 de la durée de vie !

 

Période intermédiaire mi-Yin mi-Yang : loisirs, repas, sport, lecture, bricolage, jardinage, activités diverses. Cette troisième partie comporte aussi les pauses faites pendant l’activité.

La partie mi-yin mi-yang de la journée

Ce temps de la journée devrait occuper environ 8 h dans une journée, divisée en plusieurs périodes :

- repas

- activité physique au sens large (plutôt Yang)

- loisirs : plutôt Yin : lecture, échecs ; plutôt Yang : jardinage, bricolage.

Mais aussi temps de convivialité, des soins d’hygiène corporelle…

En ce qui concerne l’activité physique, il en existe de 2 types :

- activité physique plus Yang, comme le football, le basket, etc. : plutôt adaptée aux jeunes, pleins de Yang, d’énergie à revendre.

- activité physique plus Yin, comme le Qi Gong, le golf… : plutôt adaptée aux personnes plus âgées, qui possèdent moins de Yang.

 

Le temps passé pour les repas est d'environ 1 h 30 à 2 h dans une journée.

La lecture ou les échecs sont essentiellement des activités Yin, donc à ne pas trop privilégier si l’activité principale de la journée est déjà Yin, intellectuelle.

La lecture ou les échecs sont essentiellement des activités Yin, donc à ne pas trop privilégier si l’activité principale de la journée est déjà Yin, intellectuelle.

Il est important, dans le cadre de l'hygiène de vie d'un point de vue chinois, d'essayer au maximum de respecter ces différentes périodes de la journée. Globalement, nous devrions plus ou moins suivre le rythme des moines ou des moniales, reconnus pour leur longévité !

 

Quelles sont les bonnes températures à avoir chez soi ?

Dans nos pays riches et tempérés, nous avons l’habitude et la facilité d’avoir une température relativement constante. Néanmoins, les températures dans nos habitations devraient fluctuer de la manière suivante :

- pendant la nuit : environ 16° C, ceci pour être en phase avec cette période Yin qui est fraîche, quitte pour les personnes frileuses à se couvrir un peu.

- dans la journée : température comprise entre 18° C et 20° C, plus proche de 18° C quand on fait une activité un peu physique (ménage, bricolage…), et plus proche de 20° C quand l’activité est moins physique (lecture, télévision…).

Pour les tout-petits enfants qui ont une moins bonne régulation thermique, la température doit être un peu plus élevée car ils ont besoin de plus de Yang.

Il est néanmoins bon pour les enfants en bonne santé que les parents leur apprennent à avoir un petit peu froid pendant de courtes durées, afin de tonifier leur énergie de défense.

Chez les personnes âgées, dont le Yang diminue fortement, la température devrait être comprise entre 20° C et 22° C, sans dépasser les 22° C, puisqu’une trop forte température risque de léser le Yin.

 

L'environnement de la chambre à coucher

En ce qui concerne la literie :

- un oreiller pas trop épais permet de détendre la nuque et de favoriser la circulation du sang vers la tête. Les Chinoise y glissent parfois soit des haricots rouges (contre l'hypertension artérielle), soit de la sauge chinoise (pour abaisser les bouffées de chaleur).

- le matelas doit être ferme, sans être trop dur pour autant. Le sommier permet d'évacuer la chaleur du corps et d'éviter que l'air froid ne remonte du sol dans le dos.

Les Asiatiques préconisent un lit relativement proche du sol, pour que même dans le sommeil, l'être humain continue à être enraciné dans la terre.

La température de la chambre pendant la nuit doit être d'environ 16° C, ceci pour être en phase avec cette période Yin qui est fraîche, quitte pour les personnes frileuses à se couvrir un peu.

Il est bon d'aérer la chambre à coucher pour renouveler l'air et l'assainir, tout en évitant les courants d'air, quelle que soit la saison. Si l'air est trop sec, on peut bien entendu utiliser un humidificateur.

 

Quelle est la meilleure position du corps pour s'endormir ?

Depuis très longtemps, les thérapeutes chinois ont réfléchi à cette question, dans le but d’assurer un sommeil réparateur non seulement sur le plan physique qu’émotionnel. Les réponses apportées sont cohérentes avec l’ensemble des théories sur l’hygiène de vie.

Le fait de s’endormir sur le côté gauche va entraîner une compression des poumons sur le cœur. Rappelons que, pour les Chinois, le Cœur est entre autres le « Maître des émotions » ; donc, si le cœur est contraint physiquement, on pourra noter une augmentation importante des rêves, signe d’un sommeil peu calme.

Si l’on s’endort sur le ventre, la digestion, le cœur et surtout la respiration se trouvent entravés. Ce n’est donc pas une bonne position pour s’endormir.

Le décubitus dorsal (allongé à plat sur le dos) est une position idéale pour se relaxer quelques minutes durant la journée (dans ce cas, ne pas oublier de positionner les paumes des mains vers le haut, les bras le long du corps).

Cette position n’est toutefois pas recommandée pour s’endormir, des tensions musculaires pouvant aisément persister. D'autre part, cette position favorise les ronflements.

Il est donc préconisé de s’endormir sur le côté droit. En effet, cette position favorise d’une part le retour du sang vers le Foie.

Un précepte chinois dit : « en position horizontale, le sang doit retourner au Foie pour que le sommeil soit calme ».

D’autre part, dans cette position, les aliments à digérer passent mieux de l’estomac aux intestins (pour des raisons purement mécaniques). Idéalement, le bras droit devrait être replié devant l’oreiller, le bras gauche étendu le long du corps, les jambes légèrement fléchies ; Le fait de dormir en « chien de fusil » ou en « croissant de lune » permet aux muscles de mieux se relaxer.

Bien entendu, cette position n’est pas obligatoirement à tenir durant toute la nuit, puisque nous pouvons effectuer quelques mouvements. Il n’en reste pas moins vrai que, pour l’endormissement, la position sur le côté droit est la plus propice.

 

Comment faire pour bien s'endormir ?

 Il existe 3 grandes causes de mauvais endormissement :

- Bruits et lumières extérieurs

Il faut évidemment tout faire pour éviter ces sources extérieures d'agitation (double vitrage, rideaux, etc.). Il faudrait malgré tout apprendre à ses yeux et ses oreilles à se fermer pour rentrer dans le repos : « Même si la ville s’agite, le Cœur ne doit pas s’y disperser ». Pour ce faire, on peut par exemple essayer de suivre mentalement sa respiration (ou compter les moutons !).

- Digestion difficile

Les manifestations sont : lourdeur et gonflement de l’abdomen, éventuellement remontées acides et éructations.

Pour combattre cela, il est nécessaire de ne pas dîner trop tard (idéalement vers 19 h), de laisser au moins 2 h entre la fin du dîner et le coucher, de faire une petite promenade digestive, en imaginant que chaque pas masse l’abdomen.

- Excès de pensées

Les manifestations sont : agitation de l’esprit donc incapacité à être calme, éventuelle agitation physique et sensation de chaleur.

Pour combattre cela, les Chinois se chauffaient avec un bâton d’armoise un point sous le pied (1er point du méridien du Rein). Cette pratique n’est pas très aisée pour nous. Nos arrière-grands-parents utilisaient l’astuce suivante : 10 minutes avant de se coucher, prendre une bassine et y verser 5 cm d’eau chaude, s’y tremper ensuite les pieds pendant 10 minutes environ, tout en ayant une activité intellectuelle tranquille (lecture de poèmes, tricot, écoute d’une musique calme, etc.).

 

Les rêves selon les Chinois

D’un point de vue chinois, il n’est pas important de ne pas se souvenir de ses rêves, même si l'esprit ne reste pas sans activité durant la nuit.

Quant à l’interprétation des rêves, les Chinois en ont une vision très terre-à-terre, et ne se lancent pas dans des interprétations psychologiques poussées.

Pour eux, les rêves ne sont significatifs que s’ils sont répétés. Ils peuvent même parfois être une aide intéressante dans la pose d’un diagnostic par un thérapeute de Médecine Traditionnelle Chinoise.

Quelques exemples tirés d'ouvrages anciens :

  • Lorsque la fonction Cœur est faible, la personne rêve de feux, de montagnes et de fumée ; en été, elle rêve d’éruptions volcaniques. Lorsque cette fonction est en excès, la personne rêve qu’elle rit.
  • Lorsque la fonction Foie est faible, la personne rêve de champignons très odorants ; au printemps, elle rêve qu’elle est allongée sous un arbre et incapable de se lever. Lorsque cette fonction est en excès, la personne rêve qu’elle est en colère.
  • Lorsque la fonction Poumon est faible, la personne rêve d’objets blancs ou de meurtres sanglants, qu’elle vole dans les airs et qu’elle voit des objets étranges en or et en fer. Lorsque cette fonction est en excès, la personne rêve qu’elle pleure, qu’elle a des soucis et des angoisses.
  • Lorsque la fonction Rate est faible, la personne rêve qu’elle a faim, ou rêve d’abîmes dans les montagnes et de marécages ; à la fin de l’été, elle rêve qu’elle construit une maison. Lorsque cette fonction est en excès, la personne rêve qu’elle est très lourde ou qu’elle chante.
  • Lorsque la fonction Rein est faible, la personne rêve qu’elle nage après un naufrage, ou qu’elle est immergée dans l’eau ; en hiver, elle rêve qu’elle plonge dans l’eau et qu’elle a peur. Lorsque cette fonction est en excès, la personne rêve que sa colonne vertébrale est séparée de son corps.
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Le sommeil des enfants

Le rythme de sommeil chez l'enfant est bien évidemment très différent de celui de l'adulte. L’enfant, qui a naturellement plus de Yang pour grandir et se développer, a besoin de plus de Yin pour contrebalancer son excès de Yang.

Il devra donc dormir plus longtemps, période pendant laquelle le Yin se régénère. Plus il grandira, moins il aura de Yang, donc moins besoin de sommeil.

A titre indicatif, on considère d'un point de vue chinois qu'un enfant de moins de 6 ans devrait dormir entre 14 et 18 h par jour (18 h à l'âge d'un an, 14 h à 6 ans). Entre 7 et 15 ans, un enfant aura besoin de 10 h de sommeil en moyenne.

Ceci est très important dans la vie de l'enfant. En cas de manque de sommeil, l'enfant manifestera dans la journée un excès de Yang (agitation, nervosité, manque de concentration, etc.)

 

Généralités sur l'alimentation.

  • Quels sont les saveurs et les natures des aliments ?
  • En quoi ceci peut-il servir à équilibrer ses repas ?
  • Comment trouver un bon rythme horaire pour ses repas ?
  • Comment adapter son alimentation en fonction des saisons, de son activité professionnelle ?
  • Combien de litres d’eau faut-il boire dans la journée ?
  • Faut-il vraiment manger bio ?

Toutes les réponses à vos questions, grâce à l’expérience et le savoir-faire de la Médecine Traditionnelle Chinoise … Bon appétit !

 

Hygiène de vie : histoire de la diététique en Médecine Traditionnelle Chinoise

La diététique en Médecine Traditionnelle Chinoise est appelée Yin Shi Zhi Liao Fa, qui se traduit par « méthode de traitement par la boisson et la nourriture ».

Les conseils diététiques ont une part très importante en Médecine Traditionnelle Chinoise, dont les premiers écrits remontent au Huangdi Neijing (Canon interne de l’Empereur Jaune), que l’on croit avoir été compilé durant la Période des Royaumes Combattants (475-221 avant J.C.).

 Cet ancien texte médical chinois enseigne à la fois les théories sur la digestion, l’absorption et la distribution de la nourriture pour nourrir les tissus, et décrit comment fonctionnent les processus métaboliques.

Il établit qu’un régime inapproprié est l’une des principales causes de maladie, et suggère qu’un régime thérapeutique soit utilisé pour le remplacer et renforcer le traitement de la maladie.

Plus tard, dans la dynastie Sui et Tang (581-907 après J.C.) les premiers traités entièrement focalisés sur la diététique apparurent. Parmi ces textes, ceux du docteur Cui Hao Shi Ling (Diététique classique), du docteur Meng Pin Shin Liao Ben Cao (Matière diététique médicale), du docteur Zan Yin Shi Yi Xin Jian (Nouvelle façon de voir du diététicien), et du docteur Zhang Zhan Yang Sheng Yao Ji (Essentiels pour préserver la santé).

Durant cette période, le fameux docteur Sun Si Miao formula un chapitre sur la thérapie par le régime alimentaire dans le Qian Jin Yi Fang (Prescriptions valant 1000 pièces d’or), disant que lorsqu’il traite une maladie, le docteur doit d’abord prendre en compte le régime et le style de vie du malade, et ne doit utiliser l’acupuncture et les plantes que si les conseils diététiques ne suffisent pas pour améliorer son état de santé.

Le livre le plus important écrit sur la diététique apparait pendant les Dynasties Jin et Yuan (1115-1368 après J.C.) et fut compilé par le docteur Hu Sihui. Le livre est intitulé Yin Shan Zheng Yao (Principes d’une diététique correcte) et contient des principes de cuisson, d’hygiène alimentaire et diverses recettes thérapeutiques.

Il contient aussi une liste d’aliments qui doivent être évitées et d’autres considérés comme des poisons.

Du fait que les malades décident de manger, ou bien ce qui aide ou bien ce qui entrave le traitement de la maladie, la Médecine Traditionnelle Chinoise accorde une grande importance à intégrer une alimentation appropriée selon les principes de traitement de la maladie.

Ceci permet au traitement d’être aidé par un régime alimentaire destinée à renforcer la constitution du malade et à éliminer la maladie actuelle.

Par exemple, un malade qui prend des plantes pour éliminer la Chaleur peut contrecarrer les effets des ces plantes en consommant en excès de l’agneau, de l’alcool ou des fritures.

Un malade avec du Froid interne et une digestion faible peut exacerber le problème en mangeant des nourritures crues et en buvant des boissons glacées.

La théorie principale de la diététique est qu’après les traitements mis en place pour éliminer la plupart des facteurs pathogènes de l’organisme (comme la Chaleur, le Froid, l’Humidité, etc.), on doit utiliser des fruits, des légumes, des graines et des viandes pour nourrir et réguler l’énergie de façon à compléter et à soutenir la guérison.

 

Généralités sur la manière de s'alimenter selon la Médecine Traditionnelle Chinoise

L’alimentation est bien évidemment un point important dans l’hygiène de vie, puisque celle-ci revient trois fois par jour. Toutefois, il faut faire attention à ne pas réduire toute l’hygiène de vie à l’alimentation.

Du point de vue chinois, l’alimentation est directement en relation avec la fonction Rate, puisque c’est elle qui régule la faim, métabolise les aliments pour les transformer en énergie, sang et liquides organiques. Elle met aussi de côté le surplus et les impuretés qui seront éliminés essentiellement par les selles.

Or, à la fonction Rate est rattachée la réminiscence, le fait de ressasser les choses. Donc si nous cherchons à être perfectionnistes dans le domaine de l’alimentation, nous allons obtenir l’inverse de l’effet recherché, en blessant la fonction Rate.

Pour les Chinois, s’alimenter, c’est se soigner.

Il n’y a pas de dichotomie entre l’absorption d’aliments et la prise de médicaments, ni de différence marquée dans la manière d’accompagner un plat ou de prendre des médicaments (une personne en fin d’été qui a beaucoup de chaleur ne va pas prendre de médicaments, mais manger des melons ou des pastèques…).

On retrouve cette idée chez Hippocrate :

"Chaque menu est une ordonnance".

Pour bien manger, (selon les préceptes des Chinois) il n’est pas nécessaire de manger chinois. Ainsi, les conseils donnés ici seront à la base des produits occidentaux, adaptés à notre culture culinaire et à notre climat (il y a plein de bon sens dans la cuisine occidentale…)

De même, il est conseillé de consommer de préférence des produits de saison et provenant de la région d'habitation (la Nature sait ce qu'elle fait ...)

 

L'importance de bien mâcher

 Depuis toujours, les Chinois accordent une importance particulière au fait de bien mâcher sa nourriture.

 Outre le fait de réchauffer éventuellement l’aliment à la température de l’organisme, cela permet d’abord - c’est évident - de bien réduire en bouillie les aliments qui vont ainsi être plus facilement digérés au niveau du tube digestif.

Ensuite, parce que cela laisse le temps de découvrir les saveurs (ou la saveur principale) de l’aliment, ainsi que sa nature, sa texture, etc.

Enfin, la salive particulière en provenance de la fonction Rate (1) peut faire correctement son travail de prédigestion.

Cette pratique habituelle permet d'ailleurs de réduire de façon importante le bol alimentaire nécessaire à la sensation de satiété.

Le fait d’avaler trop vite la nourriture sans suffisamment la mâcher, de manger debout, ou de se mettre en colère durant le repas, entraine une pathologie particulière en Médecine Traditionnelle Chinoise : la « rébellion » de l’énergie de la fonction Foie.

On trouve dans les textes anciens, concernant le traitement des patients atteints de maladies digestives graves et chroniques du type diabète, le conseil suivant : « il faut mâcher 100 fois la bouchée, même s’il s’agit d’une simple soupe. »

D’un point de vue chinois, il existe deux types de salives : l'une en provenance de la fonction Reins, salée, qui permet la lubrification de la bouche ; l’autre secrétée par la fonction Rate, piquante (pleine d’enzymes), dont le rôle est d’aider au métabolisme des aliments.

La médecine moderne vient en effet très récemment de découvrir l’existence d’un deuxième type de glande salivaire.

 

Quelle quantité de boissons faut-il boire dans la journée ?

Il n'existe évidemment pas de réponse toute faite à cette question. Il n'existe pas non plus de solution purement "mécaniste" où, quelle que soit la quantité de boisson absorbée, le surplus hydrique finira bien par être évacué !

Dans une vision trop simpliste, la boisson va servir à épurer le corps de ses déchets (par une espèce d'effet Karcher !) et le tout sera éliminé par les urines. Donc, plus on boit et plus on élimine les impuretés de l'organisme.

Dans la réalité, il faut de l'énergie pour réchauffer cette boisson jusqu'à la température du corps, de l'énergie pour la faire circuler, de l'énergie encore pour la transformer en différents liquides organiques (sang, larmes, liquide céphalo-rachidien, etc.), enfin de l'énergie pour la filtrer au niveau des reins. Bref, tout ce processus est "fatiguant". Si l'organisme est en bonne santé, tout va bien se passer. Au contraire, s'il est un peu faible ou paresseux, des phénomènes de stagnation d'humidité en surplus (oedème par exemple) peuvent apparaître.

D'un point de vue chinois, la réponse à cette question revient à équilibrer les deux termes de cette égalité :

- quantité perdue = pertes diverses (transpiration, perspiration, etc.) + besoins pour fabriquer des liquides organiques + élimination par les urines et les selles

- quantité reçue = réserves de l'organisme + boissons diverses + alimentation (fruits, légumes comprenant plus de 90 % d'eau) + humidité reçue de l'extérieur (pluie, douche, etc.)

Il s'agit d'une équation impossible à équilibrer par le seul intellect. Fort heureusement, le "centre régulateur de la soif", situé au niveau de l'hypophyse, mesure en permanence la concentration du sang et déclenche, en cas de besoin, le désir de boire.

Depuis toujours, les Chinois préconise de ne boire que si l'on a soif et uniquement la quantité nécessaire à étancher cette soif. La quantité absorbée peut donc varier très fortement d'un individu à l'autre, d'une activité à l'autre, d'une saison à l'autre, etc.

Chez les personnes âgées, le fonctionnement de la régulation de la soif se fait moins bien. Aussi est-il nécessaire qu'elles boivent très régulièrement de petites quantités d'eau.

 

Le rythme des repas selon la tradition de la Médecine Chinoise

Le rythme des repas, d’après la tradition chinoise, est très différent du nôtre. Nous ne sommes pas obligés de calquer nos habitudes sur les leurs pour être en bonne santé, mais nous pouvons largement nous en inspirer.

La vision chinoise concernant l’alimentation et le rythme des repas est non mécaniste et non chimique, contrairement à la nôtre.

La régularité est très importante pour aider notre organisme à mieux digérer les aliments, et il est bien de tout faire pour que nos repas soient les plus réguliers possibles (à 15 min près). Des horaires anarchiques ne favorisent pas une bonne digestion.

 

Le petit déjeuner selon le Médecine Traditionnelle Chinoise

Son but premier est de « rincer » les boyaux du système digestif, encrassés par une longue position horizontale durant la nuit.

Pour ce faire, une relativement importante quantité de boisson devrait être ingurgitée. Les Chinois préfèrent évidemment le thé, puisque cette boisson est à la fois tiède (donc ne demandant pas trop d’énergie pour être réchauffée par le tube digestif) et de nature fraîche (éliminant ainsi les inflammations éventuelles).

Pour des raisons culturelles et de plaisir, on peut ajouter quelques aliments peu copieux et peu lourds à digérer (pain grillé avec du miel par exemple), mais éviter les aliments trop gras (comme la charcuterie par exemple).

Par contre, il est possible de remplacer le thé par du café peu fort. Attention aux jus de fruits (de nature froide) qui peuvent bloquer la digestion s'ils sont consommés en début de petit déjeuner.

Durant la matinée et jusqu’au déjeuner, l’organisme va vivre sur l’énergie fabriquée et mise en réserve lors du dîner de la veille. Le point de vue chinois sur ce sujet rejoint parfaitement les connaissances biologiques modernes selon lesquelles il faut environ 12 heures pour digérer complètement un repas.

 

Le déjeuner selon la Médecine Traditionnelle Chinoise

Il s’agit d’un repas pris surtout pour ne pas avoir faim jusqu’au dîner. Très souvent d’ailleurs, pour des raisons professionnelles, il est consommé dans des conditions peu optimales. Il n’est pas non plus toujours possible de préparer des mets de qualité.

Bien entendu, la qualité du déjeuner sera maximale s'il peut être pris chez soi, loin de toutes préoccupations professionnelles. C’est un repas qui devrait être pris assez tôt, plutôt 11 h 30 – 12 h que 13 h – 14 h, du fait d'un petit déjeuner peu copieux.

Le déjeuner (que nos amis du Nord appellent le dîner !) devrait être relativement léger (ne serait-ce que pour éviter de dormir toute l’après-midi !), mais agréable puisqu’il s’agit d’une pause

Evidemment, sont à éviter dans la mesure du possible tous les déjeuners du style sandwichs.

 

Le dîner selon la Médecine Traditionnelle Chinoise

C’est le repas le plus important de la journée pour deux raisons :

- la journée professionnelle ou d’activités est terminée, et l’esprit est libre de toute préoccupation

- il est possible de préparer un repas avec des plats à la fois agréables, un peu travaillés et bien présentés (contrairement au repas de midi où l’on n’a pas toujours le temps nécessaire).

Les plats proposés peuvent jouer sur les couleurs et les saveurs tout en restant simples (voir la page des exemples de repas).

Ce repas, sans être pantagruélique, est relativement copieux puisqu’on a le temps de le déguster, et il est bon de profiter de la convivialité possible (bien entendu en fermant la télévision et en remettant la lecture du journal à plus tard).

Le dîner (que nos amis du Nord appellent souper !) est idéalement pris aux alentours de 19 h. Il est suivi d’une petite promenade tout en continuant la discussion ou les activités calmes, le coucher ayant lieu au moins 2 h après la fin du repas.

La digestion complète de ce repas n’aura lieu qu’une dizaine d’heure plus tard (donc vers 6 h du matin), ce qui permettra de passer la matinée sans avoir faim malgré un petit-déjeuner peu copieux.

 

La nature des aliments selon la Médecine Traditionnelle Chinoise

Outre une texture, une couleur et une saveur, chaque aliment possède une nature.

Classiquement, les Chinois distinguent 5 natures : chaud, tiède, neutre, frais et froid.

La nature d'un aliment est définie par l'effet que cet aliment va produire en étant absorbé, et non pas par sa chaleur mesurée au thermomètre.

Par exemple, la pastèque est un produit de nature froide ; son absorption va entraîner un refroidissement de l'organisme.

  • Les aliments de nature chaude ou tiède vont élever la température de certaines zones du corps et activer l'énergie de certains organes.
  • Les aliments de nature froide ou fraîche vont abaisser la température dans certains endroits du corps et ralentir la circulation du sang et de l'énergie.

Tous les aliments que nous avalons possèdent d'une part une nature intrinsèque. Mais, d'autre part, en fonction du mode de préparation de l'aliment, (cuisson, grillade, macération, etc.), celui-ci va pouvoir changer de nature (par exemple, plus il sera cuit longuement à feu fort, et plus il tendra à être de nature chaude).

Globalement, sauf exception, les produits du règne végétal seront plutôt frais ou froids, tandis que les produits provenant du règne animal (directement comme la viande, ou indirectement comme le lait ou les œufs) seront tièdes ou chauds.

Plus précisément, les aliments qui poussent ou vivent dans un milieu aqueux (rivières, lacs, mers) sont de nature plus froide que ceux qui se trouvent sur la terre ferme. De même, la viande des animaux très musculeux et énergiques sera de nature plus chaude que celle des animaux passifs.

 

Les aliments de nature chaude

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature chaude" si, une fois absorbé, il dégage une chaleur importante dans l'organisme.

Notons que cette nature ne dépend pas de la température prise au thermomètre mais de l'aliment lui-même (ainsi que de sa préparation).

Les aliments de nature chaude éliminent fortement le froid, réchauffent l'organisme, dilatent, assèchent un peu et activent beaucoup la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens. Ils aident aussi à reconstituer la vitalité Yang.

D'un point de vue médical, ces aliments peuvent soulager ou éliminer des troubles de nature froide.

Au contraire, un excès d'aliments de nature chaude (épices, piment, alcool, etc.) développent de la chaleur (voire du Feu) au niveau du système digestif (estomac et foie). Les symptômes suivants peuvent alors apparaître : bouche amère, douleur épigastrique, soif de boissons froides, odontalgie, aphtes, etc.

Exemples d'aliments de nature chaude :

  • céréales et graines : quinoa, soja
  • légumes : ail, échalote, asperge, persil
  • produits animaux : agneau, mouton (surtout rein), crevette, viande rouge en général
  • huile : soja
  • condiments, épices : basilic, cannelle, clou de girofle, gingembre, moutarde, poivre, piment, origan
  • boissons : café, thé noir fumé, alcool

Aliments plus exotiques :

Sorgho (plante d'origine africaine ressemblant au maïs), fenugrec (graines d'origine moyenne-orientale), œuf de caille, raifort (racine utilisée comme condiment)

 

Les aliments de nature tiède

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature tiède" si, une fois absorbé, il dégage une certaine chaleur dans l'organisme.

Notons que cette nature ne dépend pas de la température prise au thermomètre mais de l'aliment lui-même (ainsi que de sa préparation).

Les aliments de nature tiède éliminent un peu le froid, réchauffent un peu l'organisme, dilatent et activent la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens. Ils aident aussi à reconstituer la vitalité Yang.

D'un point de vue médical, ces aliments peuvent aider à soulager ou éliminer des troubles de nature froide. Au contraire, ils vont aggraver une maladie de nature chaude.

Exemples d'aliments de nature tiède :

  • céréales et graines : riz glutineux, avoine, épeautre, cacahuète, graines de potiron, graines de courge, graine de tournesol, graine de sésame
  • fruits : noix, dattes, orange, pêche, cerise, abricot, cassis, mûres, prune, raisin, coing
  • légumes : poireau, potiron, ciboulette, carotte, châtaigne, ciboule, fenouil, lentilles
  • produits animaux : poulet, anchois, anguille, cerf, faisan, foie de porc, foie de volaille, mouton, cervelle de bœuf, lait de brebis
  • huiles : de soja, de Carthage, de sésame grillé
  • condiments, épices : ail, oignon, vinaigre, gingembre, cornichons, sucre roux
  • boissons : vins cuits, valériane, badiane, réglisse

Aliments plus exotiques :

Litchis, longane (fruit d'origine chinoise), jujube (fruit d'origine chinoise), mirin (saké très doux)

 

Les aliments de nature neutre

La nature neutre est une nature équilibrée. Les aliments appartenant à cette catégorie n'ont pas d'action réellement refroidissante ou réchauffante sur l'organisme. Ils peuvent être agrémentés par des aliments tièdes ou frais, en fonction de la saison, des besoins et de la constitution de l'individu.

Ces aliments représentent donc les aliments de base.

Exemples d'aliments de nature neutre :

  • céréales et graines : patate douce, maïs, petits pois, riz complet, riz blanc, graines de soja, pomme de terre, fèves, millet, graines de courge, graines de sésame
  • légumes : choux, brocoli, carotte, citrouille
  • produits animaux : calmar, rognons de porc, jaune d’œuf, foie de génisse, bœuf, carpe
  • huile : arachide, courge, tournesol, pépins de raisin
  • condiments, épices : sucre, levure de bière
  • fruits : prune, fraise, noix de coco, prune, figue, papaye, raisin

Aliments plus exotiques :

Racine de lotus, nid d’hirondelle, haricots azukis (haricot rouge du Japon), cornilles rouges et noirs (haricot d’origine africaine), graines de lotus, gombo (fruit d’origine africaine)

 

Les aliments de nature fraîche

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature fraîche" si, une fois absorbé, il entraîne un léger abaissement de la température de l'organisme.

Notons que cette nature ne dépend pas de la température prise au thermomètre mais de l'aliment lui-même (ainsi que de sa préparation).

Les aliments de nature fraîche éliminent légèrement la chaleur, refroidissent un peu l'organisme et le sang, condensent et ralentissent modérément la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens.

Ils sont aussi assez difficiles à digérer et leur absorption peut entraîner, si l'organisme est faible, des stagnations d'aliments dans le système digestif.

D'un point de vue médical, ces aliments peuvent aider à soulager ou éliminer des troubles de nature chaude. Au contraire, ils vont aggraver une maladie de nature froide.

Au contraire, un excès d'aliments de nature fraîche (crudités, etc.) développe du froid  au niveau du système digestif (estomac et foie).

Les symptômes suivants peuvent alors apparaître : frilosité, teint pâle, mauvaise circulation sanguine, etc.

Exemples d'aliments de nature fraîche :

  • céréales et graines : blé germé, orge germé, millet, sarrasin, houblon
  • légumes : aubergine, concombre, céleri, champignons, épinards, haricots verts, laitue, radis, bette
  • produits animaux : œuf de cane, blanc d’œufs, grenouille, escargot, carpe, fruits de mer
  • huiles : de palme, de sésame, de tournesol
  • fruits : mandarine, mangue, orange, citron, pomme, poire, mûres, rhubarbe

Aliments plus exotiques :

Haricots mungo (d'origine chinoise), radis Daïkon (radis chinois appelé aussi radis d'hiver), pousses de bambou, tofu (pois fermenté d'origine chinoise), fleurs de lys.

 

Les aliments de nature froide

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature froide" si, une fois absorbé, il entraîne un abaissement de la température de l'organisme.

Notons que cette nature ne dépend pas de la température prise au thermomètre mais de l'aliment lui-même (ainsi que de sa préparation).

Les aliments de nature froide éliminent fortement la chaleur, refroidissent l'organisme et le sang, condensent et ralentissent puissamment la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens.

Ils sont aussi difficiles à digérer et leur absorption peut facilement entraîner des stagnations d'aliments dans le système digestif.

D'un point de vue médical, ces aliments peuvent soulager ou éliminer des troubles de nature chaude, se manifestant par les symptômes suivants : température, teint rouge, soif de boissons froides, etc.

L'excès d'aliments de nature froide (crudités, eau gazeuse, eau froide, crèmes glacées) peut entraîner un affaiblissement de l'énergie de la fonction Rate et favoriser l'apparition de mucosités au niveau du système digestif ; à long terme, cette faiblesse pourra se propager et atteindre également l'énergie de la fonction Rein.

Les symptômes suivants pourront alors apparaître : diarrhées, frilosité, douleurs abdominales, aliments non digérés dans les selles, œdème, etc.

Exemples d'aliments de nature froide :

  • céréales et graines : blé, orge, millet, sarrasin
  • légumes : tomate, cresson, oseille
  • produits animaux : crabe, moelle de porc, pieuvre
  • huile : de sésame
  • condiments, épices : menthe, sel, algues alimentaires, sauce de soja
  • fruits : mandarine, citron, ananas, poire, pamplemousse, banane, pomme, amande, kiwi, melon, pastèque, noix de coco
  • boissons glacées

Aliments plus exotiques :

Pourpier (on consomme en salade les jeunes tiges et les feuilles), kaki (fruit d'origine chinoise ou japonaise, de teinte orangée)

 

Comment choisir la nature de ses aliments ?

Nous devrions adapter la nature des aliments que nous absorbons en fonction de notre constitution, de nos besoins et de la saison en cours.

La constitution de chacun est déterminée par les conditions de santé des parents au moment de la conception (sur le plan physique mais aussi émotionnel).

Schématiquement, on peut distinguer 2 types de constitution :

  - La constitution Yin. Elle est caractérisée par un manque de vitalité, une fatigue chronique et une certaine frilosité. Ces personnes tombent assez facilement malade et ont une tendance à l'obésité. Elles devraient donc consommer une quantité assez importante d'aliments de nature tiède ou chaude.

  - La constitution Yang. Elle est caractérisée par une forte vitalité, une ossature solide et une résistance aux changements climatiques. Ces personnes sont plutôt minces. Aussi, elles devraient consommer habituellement des aliments de nature fraîche ou froide.

Les besoins de chacun varient en fonction des activités quotidiennes (profession, loisirs, etc.).

Les personnes dépensant beaucoup de Yang vont privilégier les aliments de nature tiède ou chaude.

Les personnes ayant des activités essentiellement Yin (travaux intellectuels par exemple) devraient privilégier les aliments de nature fraîche ou froide.

La saison influe également sur la nature des aliments consommés.

Durant les saisons plus chaudes, il serait préférable de consommer surtout des aliments de nature plutôt fraîche ou froide.

Durant les saisons plus fraîches, il conviendrait de consommer essentiellement des produits de nature tiède ou chaude.

Dans tous les cas, la base de l'alimentation devrait en priorité comporter des aliments de nature neutre.

 

 

Comment choisir la nature de ses aliments en cas de maladie ?

Afin d’établir un équilibre énergétique entre l’état du patient et la maladie en cours, on peut apporter à l’organisme le complément énergétique qui lui manque en choisissant les aliments selon leur nature.

En effet, le choix des aliments en fonction de leur nature va chercher à régulariser et à faire circuler l'énergie et le sang dans l'organisme, à harmoniser les différentes fonctions entre elles, à évacuer les agents pathogènes et à soutenir la résistance de la personne face aux maladies.

Par exemple :

- pour les personnes atteintes d’un coup de froid ou étant dans un état général de déficience ou de froid, on privilégiera les aliments de nature tiède ou chaude.

- pour les personnes en bonne santé et d’état général équilibré, on apportera surtout des aliments de nature neutre.

- pour les personnes atteintes de maladies de chaleur ou étant dans un état général d’excès ou de chaleur, on privilégiera les aliments de nature fraîche ou froide.

 

Peut-on modifier la nature des aliments ?

A la base, la nature d’un aliment dépend de son origine : les aliments d’origine végétale sont plutôt  froids ou frais, tandis que les aliments en provenance du règne animal sont plutôt tièdes ou chauds.

Cette nature provient également du climat de culture ou de pousse. Par exemple, les aliments de nature chaude ou tiède proviennent particulièrement des cultures en altitudes, ou en climat froid.

De même, les aliments froids sont le plus souvent originaires des climats chauds ou équatoriaux, ainsi que des bords de mer.

Nous avons la possibilité de modifier la nature d’un aliment lors de sa préparation : plus un aliment recevra de chaleur importante en intensité ou en durée, plus sa nature deviendra chaude.

Ceci se produit par deux types de manipulations :

- selon les méthodes de cuisson : une cuisson à la vapeur entrainera moins d’apport de chaleur qu’une cuisson directement sur le feu

- selon les méthodes de transformation : dessiccation au soleil ou au four, fermentation alcoolique, infusion…

 

Les saveurs des aliments, selon le Médecine Traditionnelle Chinoise

Outre une texture, une couleur et une nature, chaque aliment possède une saveur.

Classiquement, il existe 5 saveurs : acide (ou âpre, aigre), amer, sucré (ou fade), piquant et salé.

Chaque saveur, à partir de l'expérience multimillénaire chinoise, possède un tropisme particulier pour une fonction :

  • la saveur acide a une affinité avec la fonction Foie.
  • la saveur amère avec la fonction Coeur.
  • la saveur sucrée avec la fonction Rate.
  • la saveur piquante avec la fonction Poumon.
  • la saveur salée avec la fonction Rein.

Même si un aliment comprend plusieurs saveurs, il en existe une plus marquée que les autres ; il peut donc être placé dans telle ou telle catégorie.

Ceci a directement un intérêt pratique dans la manière de s'alimenter. Ainsi :

  • telle saveur va nourrir une fonction particulière (par exemple, la saveur sucrée va nourrir la fonction Rate)
  • l'abus de telle saveur va léser la fonction correspondante (par exemple, l'abus de saveur amère va favoriser la chute des poils, via la fonction Poumon)

Il est donc opportun, lors des repas, de consommer une petite quantité des chacune de ces saveurs.

  • En cas de faiblesse de telle ou telle fonction, l'organisme, inconsciemment, sera attiré par la saveur correspondante. De même, dans ce cas, il sera opportun de privilégier cette saveur (sans oublier les autres, bien entendu !).
  • En cas d'hyperfonctionnement de telle ou telle fonction, l'organisme, inconsciemment, aura habituellement une répulsion pour la saveur correspondante.

 

Les aliments de saveur acide

La tradition chinoise rattache à la saveur acide deux autres saveurs : âpre et aigre.

A cette saveur est rattachée la fonction Foie. En d’autres termes, les aliments de saveur acide possèdent une affinité particulière pour cette fonction. Ces aliments, par leur action astringente, ont une action de constriction et de maintien.

De ce fait, ils peuvent aider dans le traitement des maladies dans lesquelles on peut noter des fuites ou des écoulements pathologiques (transpiration, selles, urines, hémorragies diverses).

Ce type d’aliments possède également une action de régénération des liquides organiques (surtout au niveau de l’estomac), en redonnant de l’appétit et en favorisant une bonne digestion.

La consommation régulière d’aliments possédant cette saveur va donc être bénéfique pour la fonction Foie. Plus précisément, tout en tonifiant la fonction Poumon et grâce à son activité de « rassemblement », elle va éviter que la fonction Foie ne disperse trop l’énergie.

Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, c’est la fonction Rate qui se trouve lésée (en effet, ces aliments vont rétracter les chairs, flétrir les muscles, gercer les lèvres, etc.).

Sa consommation doit donc être restreinte en cas d’atteinte des tendons et des ligaments. De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Foie.

 

Quelques aliments de saveur acide :

  • Céréales et graines : pain au levain, graines de pistache, graines de sésame
  • Légumes : oseille, poireau, tomate
  • Fruits : prune, pamplemousse, groseille, citron, fraise, rhubarbe, abricot, ananas, cassis, pêche, poire
  • Produits animaux : mouton, agneau, faisan, poulet, fromages, yaourt
  • Condiments, épices : vinaigre, mélisse, ortie
  • Boissons : thé Tuo Cha, vins, cidre

Produits plus exotiques :

Sorgho (graines d’origine africaine), igname (tubercules riches en amidon), pourpier, grenade, papaye, arbousier, graines de lotus, kaki (figue d’origine japonaise), litchi

 

Les aliments de saveur amère

A cette saveur est rattachée la fonction Cœur. En d’autres termes, les aliments amers possèdent une affinité particulière pour cette fonction.

Ces aliments, par leur action desséchante, durcissante, affermissante, consolidante et dispersante, ont une action d’évacuation et d’assèchement de l’humidité.

De ce fait, ils peuvent aider dans le traitement des maladies dans lesquelles on peut noter des œdèmes ou des diarrhées

Ce type d’aliments possède également une action d’apaisement de la nervosité et des palpitations. La saveur amère stimule également l’appétit, augmente la sécrétion des sucs gastriques et peut avoir une action vomitive sur les toxines.

La consommation régulière d’aliments amers va donc être bénéfique pour la fonction Cœur.

Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, on peut noter : dessèchement de la peau et des muqueuses, chute des poils et des cheveux, vomissements. De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Cœur.

Quelques aliments de saveur amère :

  • Céréales et graines : blé, épeautre
  • Légumes : asperge, laitue, algues, artichaut, céleri, chicorée, endive
  • Fruits : pomme, abricot, figue, pamplemousse
  • Produits animaux : porc, tous les poissons
  • Condiments, épices : basilic, cardamone, estragon, curcuma
  • Huiles : lin, sésame
  • Boissons : café, thé, absinthe, bière, gentiane

Produits plus exotiques :

Graine de momordique, longane, ramboutan (fruit tropical d’Asie)

 

Les aliments de saveur sucrée

La tradition chinoise rattache à la saveur sucrée une autre saveur : douce.

Cette saveur est très largement représentée dans notre alimentation quotidienne, bien qu’elle puisse être « colorée » par de nombreux condiments et assaisonnements.

A cette saveur est rattachée la fonction Rate. En d’autres termes, le sucré possède une affinité particulière pour cette fonction.

Ces aliments, par leur action tonifiante, hydratante, détendante  et harmonisante, reconstituent l’énergie vitale et la répartit dans les différents organes.

Ce type d’aliments possède également une action calmante dans les maladies articulaires ou rhumatismales liées à l’humidité.

La consommation régulière d’aliments possédant cette saveur va donc être bénéfique pour la fonction Rate. Au contraire, l’excès de consommation de cette saveur va léser directement la fonction Rate.

En effet, cette dernière n’aime pas le surplus d’humidité, alors que la saveur sucrée, en ralentissant les fonctions de l’estomac, favorise la production d’humidité dans les voies digestives et ralentit la circulation de l’énergie, entraînant par exemple une fatigabilité.

De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Rate.

Quelques aliments de saveur sucrée :

  • Céréales et graines : épeautre, maïs, millet, quinoa, riz gluant, seigle, amandes, cacahuète, noix, graine de lotus
  • Légumes : haricots, pois, soja noir, asperge, aubergine, betterave, potiron, petits pois, carotte, choux, brocolis
  • Fruits : dattes, banane, raisin, poire, mûre, noix de coco, avocat, cerise, pomme, figue
  • Produits animaux : anguille, carpe, mulet, coquille Saint-Jacques
  • Huiles : palme, sésame, raisin, olive, noix, soja, arachide
  • Condiments, épices : sucre d’orge, sucre de malt, sirop d’érable
  • Boissons : jus de fruits, lait de soja

Produits plus exotiques :

Amarante (feuille ou graine), kamut (ancienne variété de blé dur)

 

Les aliments de saveur piquante

La tradition chinoise rattache à la saveur piquante une autre saveur : âcre.

A cette saveur est rattachée la fonction Poumon. En d’autres termes, les aliments à saveur piquante possèdent une affinité particulière pour cette fonction.

Ces aliments, par leur action dispersante et sudorifique, font circuler l’énergie de l’organisme, les liquides organiques et le sang.

La consommation régulière d’aliments possédant cette saveur va donc être bénéfique pour la fonction Poumon, en optimisant les défenses immunitaires et en restaurant le métabolisme.

En provoquant une transpiration, ces aliments peuvent chasser le vent et le froid de l’organisme (toux, bronchite, etc.)

Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, c’est la fonction Poumon qui se trouve lésée, entraînant une contraction des tendons et une sécheresse des ongles (cet excès nuit à la fonction Foie).

Ces aliments sont déconseillés en cas de manque d’énergie, d’épuisement des liquides organiques ou de transpiration abondante. De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Poumon.

Quelques aliments de saveur piquante :

  • Céréales et graines : millet, orge, avoine
  • Légumes : poireau, radis, ail, gingembre, oignon, soja noir, bulbe de ciboule, fenouil, navet, graine de moutarde
  • Fruits : pêche, abricots séchés
  • Produits animaux : poulet, miel, pollen, viande de cheval
  • Huile : soja, lin
  • Condiments, épices : poivre, menthe, coriandre, origan, sauge, thym, ciboulette
  • Boissons : thé au jasmin, alcool

 

Généralités sur quelques émotions 

  • Quelles sont les différentes émotions ?
  • Comment naissent les émotions ?
  • Comment les gérer dans la vie quotidienne ?

Toutes les réponses à vos questions, grâce aux enseignements de la Médecine Traditionnelle Chinoise

 

Les émotions

La gestion des émotions fait partie intégrante de l’hygiène de vie dans la vision chinoise de la santé.

Le fait de gérer ses émotions correctement permet non seulement d’optimiser sa vitalité, mais aussi et surtout de prévenir l’apparition de maladies potentiellement graves.

D’un point de vue chinois, les émotions non ou mal gérées vont entrainer un blocage de la fonction Foie, amenant ainsi une stase du sang et de l’énergie dans l’organisme.

Si cette stagnation est importante et de longue durée, on peut assister à l’apparition de tumeurs bénignes (lipomes, fibromes, etc.), voire de tumeurs malignes si de la chaleur se surajoute.

Classiquement, les Chinois décrivent cinq émotions :

Colère, joie, tristesse, réminiscence, peur.

L’apparition de telle ou telle émotion dans le courant de la journée est tout à fait normale. Une émotion ne devient pathologique que si elle est exagérée ou dure trop longtemps. Au quotidien, nous devrions ressentir un peu de toutes ces émotions, mais la joie devrait être prédominante.

 

Comment naissent les émotions ?

D’un point de vue chinois, une émotion est une réaction involontaire et inconsciente à une stimulation venant de l’extérieur (image, son, ambiance, etc.) au niveau de l’esprit (il n’y a à ce moment aucune réaction physique).

Au départ l’information est tout à fait neutre et ne recevra une coloration émotionnelle qu’en fonction de ce que nous sommes et de notre état au moment de la réception.

Une émotion apparait de façon complètement inconsciente, en fonction entre autre de notre passé. Il n’y a donc aucune culpabilité à avoir lorsque nous ressentons telle ou telle émotion.

Dans un premier temps, en fonction de notre réceptivité (« grille » plus ou moins ouverte gérée par la fonction Cœur), nous allons recevoir inconsciemment et plus ou moins fortement une stimulation.

Celle-ci est ensuite comparée à notre expérience ou à nos souvenirs (gérée par la fonction Rate). A ce moment, l’émotion surgit dans notre esprit.

Par exemple, je me promène dans la rue et, sur un mur, se trouve une affiche de bicyclette.

Si je suis en profonde méditation métaphysique et donc que ma « grille » est complètement fermée, je passerais sans la voir et je ne ressentirais aucune émotion.

Par contre, si je fais un minimum attention, la vue de cette affiche pourra déclencher en moi toutes sortes d’émotions :

  • si je viens de me blesser à bicyclette, cette image pourra déclencher en moi une émotion de peur
  • si un de mes proches vient d’avoir un accident grave à bicyclette, cette image pourra engendrer chez moi une émotion de colère
  • si depuis très longtemps je cherche à acheter une bicyclette avec un rapport qualité/prix imbattable, cette vue réenclenchera en moi une émotion de réminiscence
  • si cette belle bicyclette est trop chère pour moi, elle pourra engendrer une émotion de tristesse

Enfin, si je trouve cette publicité particulièrement bien réussie et belle et qu’elle me fait penser à de bons souvenirs, elle pourra déclencher en moi une émotion de joie.

 

Émotions : la JOIE

Cette émotion est liée à la fonction Cœur.

Une joie normale n’est pas en elle-même une cause de maladie ; au contraire elle entretient un état mental bénéfique qui favorise le bon fonctionnement de l’organisme. Il serait bon d’essayer d’entretenir ce type d’émotion pour rester en bonne santé.

Les livres anciens notent : « La joie fait que l’esprit est serein et détendu, elle a des effets bénéfiques sur l’énergie nourricière et l’énergie de protection. »

Au contraire, un état d’excitation et de désirs excessifs (ce que l’on pourrait nommer un état de joie excessive) sont néfastes pour l’organisme et entraînent par exemple : palpitations, insomnies, agitation, excès de paroles, sursaut au moindre bruit, etc.

La joie peut aussi être une cause de maladie lorsqu’elle est trop soudaine, comme par exemple lorsqu’on apprend subitement une bonne nouvelle (dans ce cas, on est proche du « choc émotionnel »).

 

Émotions la COLERE

Cette émotion est liée à la fonction Foie. Cette émotion comprend également ce que nous appellerions frustration, ressentiment, colère refoulée, fureur.

L'un des rôles de la fonction Foie est de répondre physiquement à une stimulation. De ce fait, une réaction brutale et vive peut être saine si elle est en adéquation avec la stimulation déclenchante.

Par exemple, si je vois une grave injustice, la colère qui nait en moi est saine et va me permettre de réagir de manière juste.

Au contraire, une colère excessive, inadaptée ou qui dure trop longtemps, est pathologique.

Elle entraine une stagnation de l’énergie de la fonction Foie lorsqu’elle est refoulée (avec des symptômes comme une oppression des flancs, des soupirs fréquents, une certaine irritabilité).

Elle provoque une forte montée de l’énergie de la fonction Foie lorsqu’elle éclate violemment (avec des symptômes comme des maux de tête, des sensations vertigineuses, des insomnies, des problèmes de vision).

 

Émotions : la REMINISCENCE

Cette émotion est liée à la fonction Rate. Elle comprend aussi l’excès de « penser-réfléchir » et la nostalgie, sans particulièrement de tristesse.

Il est évident que le fait de penser et de réfléchir est nécessaire dans la vie quotidienne et permet de fixer les souvenirs régis par la fonction Rate.

Le fait de se souvenir nous permet aussi de nous remettre en question en analysant nos actes et ainsi d’avancer dans la vie.

Par contre, l’excès de réflexion consiste à ruminer, ressasser, penser sans arrêt à certains évènements (en général peu agréables !) ou à certaines personnes, même en l’absence d’inquiétude.

Notons que cette coloration émotionnelle excessive ne donne naissance à aucune décision ou action concrète ; elle est donc stérile.

L’excès de réminiscence à tendance à bloquer l’énergie dans le Foyer Moyen, lieu où se produisent la digestion et le métabolisme des aliments.

De ce fait, il entraine les symptômes suivants : modification importante du volume corporel (amaigrissement ou obésité), fatigabilité (par manque de fabrication d’énergie), extrémités froides (par manque de sang), mauvaise digestion, sensation de distension de l’épigastre, etc.

Il serait donc important d’apprendre de mieux en mieux à vivre le moment présent, pleinement et en pleine conscience, afin d’éviter une nostalgie excessive nocive à notre santé.

 

Émotions : la TRISTESSE

Cette émotion est liée à la fonction Poumon. Au bout d’un certain temps, la tristesse peut se transformer en chagrin. Elle comprend également ce que nous appelons l’inquiétude.

La tristesse a comme effet pathologique de « nouer » l’énergie ou de l’épuiser (la fonction Poumon ayant pour rôle principal de distribuer l’énergie depuis le haut de l’organisme).

De petits moments de tristesse quotidiens ne sont pas pathologiques et évitent à l’énergie de monter trop fortement dans le corps.

D’un point de vue chinois, en cas de deuil d’un proche, il n’est pas anormal que la tristesse puisse durer environ un an, sans dépasser ce laps de temps ; d’où l’utilité d’apprendre à « faire son deuil », d’abord dans les petites choses, puis dans les plus importantes.

Par contre, pour les autres stimulations, la tristesse ne doit pas durer trop longtemps.

Une tristesse de trop longue durée ou trop profonde entraîne une faiblesse de la fonction Poumon, ce qui se traduit par les symptômes suivants : essoufflement, fatigue, teint pâle, voix faible, problèmes de peau de type eczéma, etc.

 

Emotions : La PEUR sans raison

Cette émotion est liée à la fonction Reins. Elle correspond également à ce que l’on appelle stress et angoisse.

La peur désigne ici la « peur sans raison », et non pas une peur concrète. C’est la différence entre une idée sans réalité qui stresse et l’émotion survenant en voiture juste avant un accident.

Il existe une peur saine et bénéfique pour l’organisme ; c’est celle qui va entrainer de petites décharges d’adrénaline et va stimuler l’action et le passage à l’acte.

De même, un stress modéré mais répété (dans le cadre professionnel par exemple) n’est pas forcément malsain et peut au contraire nous pousser à faire le mieux possible. Bien souvent, dans notre civilisation occidentale moderne, la question de la mort est génératrice de peur sans raison immédiate.

Il nous serait nécessaire de réfléchir plus profondément à la dualité vie/mort pour effacer cette angoisse.

La peur a comme effet pathologique de faire descendre l’énergie, de la faire sombrer (la fonction Reins ayant pour rôle principal de faire monter la chaleur vitale).

Notons aussi que cette émotion est souvent sournoise, silencieuse, et qu’elle peut de ce fait aggraver d’autres désordres émotionnels.

Une peur sans raison qui s’installe à demeure chez une personne finit par provoquer une blessure de la fonction Reins, avec comme symptômes : ptôses de l’estomac ou de la vessie, incontinence urinaire, volonté défaillante, etc.

 

Émotions : la réponse émotionnelle en 4 stades

D’un point de vue chinois, lorsqu’une stimulation nous arrive, il est nécessaire - plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement - de passer par quatre stades pour y apporter une réponse la plus adaptée et la plus "juste" (au sens chinois de "Zheng", "ce qui est droit").

Première phase: accueillir la stimulation et l’émotion qui naissent. Prendre du recul, sans porter de jugement dans un premier temps, afin de remettre ces faits à leur bonne place et dans tout ce qui fait notre vie.

Deuxième phase: élaborer ce qu'on pourrait appeler un « plan de bataille ». Ceci ne peut se faire que si le premier stade est réellement accompli, de manière à voir de façon objective la ou les actions à mener.

Ce plan de bataille est plus ou moins compliqué et se fait de façon plus ou moins consciente. Dans les cas plus complexes, cela peut nécessiter de passer des coups de téléphone, de demander conseil, de réunir certains documents, etc.

Troisième phase: passage aux actes. Ce serait évidemment inutile d’avoir élaboré un bon plan d’action s’il n’était pas suivi de conséquences dans les faits.

Quatrième phase: évaluation des résultats des premiers actes, de leur réponse, et modification éventuellement du plan d’action.

 

Émotions : exemple d'un processus de réponse à une stimulation

Prenons un exemple simple :

Je suis dans le métro, et quelqu’un me marche sur le pied. Immédiatement, j’ai mal au pied et je sens la colère monter en moi.

Premier stade : j’accueille cette douleur et cette colère comme étant les conséquences normales de la stimulation. Attention, normal ne veut pas toujours dire agréable ou bon. Je prends du recul par rapport à ce qui vient de se passer en remettant la stimulation à sa bonne place : j’ai mal mais ce n’est pas si grave que ça ; la colère née de cette douleur est logique.

Deuxième phase : j’élabore un "plan de bataille". Bien entendu, dans ce cas précis, je vais d’abord retirer mon pied pour éviter que la douleur continue, et je vais réfléchir à l’attitude à avoir.

  • La personne qui m’a marché sur le pied l’a-t-elle fait exprès ? Est-ce moi qui ai mis mon pied sous le sien ?

La question est de savoir comment répondre de façon adéquate à cette stimulation :

Vais-je crier, insulter l’autre, simplement montrer que je suis gêné ? Evidemment, cette phase peut ne durer que quelques fractions de secondes dans les cas simples.

Troisième phase : passage aux actes. Je fais sans tarder ce que j’ai décidé de faire et j’attends la réponse.

Quatrième phase : en fonction de la réaction à ma réponse, je peux éventuellement revenir au deuxième stade, pour élaborer une autre stratégie qui conviendrait mieux.

En conclusion de cet exemple, il est évident que le plus délicat dans ce processus est le premier stade. Comment arriver à remettre la stimulation et l’émotion qui en nait à leur bonne place, de manière à générer la meilleure réponse ?

C’est le but de ce que le Professeur Leung Kok Yuen nomme « l’optimisme » (avec sans doute un problème de traduction) et que nous appellerons ici « l’acceptation dynamique ».

 

Généralités sur l'Habillement

  • Comment s'habiller en fonction des saisons ou de son activité professionnelle ?
  • Que faire en cas de transpiration abondante ?
  • Est-il bon pour la santé de prendre de longs bains ?
  • Quelle couleur de vêtement adopter en fonction des saisons ?
  • Toutes les réponses à vos questions, à partir de la longue expérience de la Médecine Traditionnelle Chinoise

 

Généralités sur la manière de s'habiller

Il peut paraître un peu curieux ou inhabituel de s'intéresser ici à la manière de s'habiller.

Pourtant, cette rubrique fait partie intégrante de l'hygiène de vie dans la vision chinoise de la santé,  au même titre que l'alimentation ou le nombre d'heures de sommeil nécessaires pour être en bonne santé.

L'esthétisme du vêtement ne doit pas aller contre sa fonction de protection, au détriment de la santé. Les vêtements doivent assurer un micro-climat pour être à l'aise et en bonne santé. Dans la nosologie chinoise, les causes de maladies sont au nombre de 9.

Parmi ces causes de maladies, il y a les "6 perversités" : 

  • le vent (correspondant à la fonction Foie, et qui se manifeste pendant le printemps),
  • le froid (correspondant à la fonction Rein, et qui se manifeste pendant l'hiver),
  • la chaleur (correspondant à la fonction Coeur, et qui se manifeste pendant l'été), 
  • l'humidité (correspondant à la fonction Rate et qui se manifeste à la fin de l'été),
  • la sécheresse, (correspondant à la fonction Poumon et qui se manifeste pendant l'automne),
  • le feu (qui correspond à une chaleur extrême).

Les règles d'hygiène de vie concernant l'habillement permettent d'éviter que ces perversités ne pénètrent dans l'organisme et provoquent des maladies.

 

 

 

 

 

 

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